The Complete Sonatas -
Concert n°1 : "L'enfant terrible"
Les 10 Sonates pour piano de Prokofiev représentent une singularité du XXe siècle, mais aussi une sorte de sommet du genre de la sonate pour piano, formalisée à l'époque classique (1750-1800) entre autres par Haydn et Mozart, et revisitée par Beethoven, Brahms et tant d'autres compositeurs romantiques.
Au XXe siècle, en revanche, le genre de la sonate a été négligé : trop académique, trop restrictif, trop lié à la tonalité, dont on cherchait à se libérer. Prokofiev a cherché à repousser constamment les limites de ce genre tout au long de sa vie (la première sonate est Op. 1 et la dixième est inachevée). Ce choix pourrait découler de son goût pour les structures claires, dans lesquelles il peut exprimer pleinement sa propension pour les forts contrastes, les transformations rythmiques et la juxtaposition d'éléments très différents.
Au XXe siècle, en revanche, le genre de la sonate a été négligé : trop académique, trop restrictif, trop lié à la tonalité, dont on cherchait à se libérer. Prokofiev a cherché à repousser constamment les limites de ce genre tout au long de sa vie (la première sonate est Op. 1 et la dixième est inachevée). Ce choix pourrait découler de son goût pour les structures claires, dans lesquelles il peut exprimer pleinement sa propension pour les forts contrastes, les transformations rythmiques et la juxtaposition d'éléments très différents.
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Alors que ce premier concerto explore ses premières sonates, nous ne parlons pas ici d'un compositeur à la recherche de son propre style. À partir de la deuxième sonate, la plupart des éléments qui rendent reconnaissable la musique de Prokofiev sont présents : tocata impétueuse, qualité mélodique hors classe, une approche théâtrale de la virtuosité et de la gestuelle, une harmonie méticuleusement élaborée et une adhésion presque troublante à une structure rigide.
Ce concert est certainement le plus éclectique des trois. Dans la première sonate, l'influence de Schumann est omniprésente ; la seconde est très structurée et sérieuse, dédiée avec son deuxième concerto pour piano à son ami Maximilian Schmidthof, qui s'est suicidé en 1913 ; la troisième est une œuvre rythmique puissante et condensée ; la quatrième est l'antithèse de la troisième, sombre, calme et méditative ; quant à la cinquième, écrite pendant ses voyages en Europe, elle possède de nombreuses caractéristiques de la musique française des années 20, y compris l'élégance, la recherche de l'enregistrement et l'influence du jazz.
Emile Chandellier